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 DANS LA FORÊT, EXPOSITION COLLECTIVE AU FRAC AQUITAINE

Communiqué de presse

Dans la nuit du 23 au 24 janvier 2009, la région Aquitaine a subi des vents très violents qui ont ravagé une partie de la forêt en mettant à terre 42 millions de mètres cubes de bois. Un an après cette tempête prénommée Klaus, le Frac Aquitaine présente un ensemble d'oeuvres liées au monde de la forêt. Chacune décline à sa manière un axe propre : le paysage, le cycle des saisons, la chasse, le braconnage, le refuge, l'industrie du bois, l'espace du conte...

Laurent Le Deunff, Foyer, 2008. Bois d'essences diverses. Nouvelle acquisition du Frac Aquitaine

Cette exposition réunit une sélection des nouvelles acquisitions du Frac (Laurent Le Deunff, Dewar & Gicquel, Eric Poitevin, Daniel Schlier), complétées par des prêts (Maya Andresson, Joseph Bartschere, Martin Boyce, Piero Gilardi, Rodney Graham, Benoît Maire, Bruno Serralongue, Nathalie Talec, Olivier Vadrot & Cocktail Designers). S'y ajoutent deux nouvelles productions de Lilian Bourgeat et Fanny David (voir ci-dessous).

La forêt est posée par la récurrence d'un élément qui l'identifie immédiatement en signant sa "verticalité" : l'arbre, ou un ensemble d'arbres, qui joue comme une métonymie, la forêt se caractérisant par la densité de sa végétation. Photographies, installation et film rendent compte des multiples facettes de cette emprise sylvestre, depuis une époque recluée jusqu'à nos jours. L'exemple le plus ancien, dans le cadre de cette exposition, est l'épreuve signée Benjamin Brecknell Turner qui montre, en négatif, un arbre solitaire sous les voûtes de Crystal Palace à Londres en 1851, dont l'échelle par rapport à l'architecture lui donne des allures de bonzai. fait écho à cette image celle de Rodney Graham qui isole un arbre centenaire et majestueux en inversant sa frondaison.

De l'arbre, on passe à la forêt : l'installation de Martin Boyce constituée d'arbres "en néon" compose un espace boisé à la fois synthétique et abstrait, proche de l'immatériel. Plus loin, La Châsse, film de Benoit Maire, explore une forêt futuriste peuplée d'arbres identiques, agencés dans un alignement répétitif sur un plateau dépouillé, à l'image d'un labyrinthe. Où se trouve la forêt comme il est d'usage de la représenter ? Sans doute du côté de la grille photographique de Joseph Bartscherer qui, dans une visée documentaire et objective, reconstitue le décor d'une forêt sous forme d'un "puzzle" incomplet au fil des saisons, dans sa luxuriance comme dans son habit hivernal.

 

Piero Gilardi, Vestito natura Betulle, 1967. Courtesy Semiose Galerie

L'exposition présente également les "hôtes de ces bois" : un renard aux oreilles dressées se détache d'une clairière à une heure que l'on dit "entre chien et loup" (Maya Andersson). La photographie monumentale de Eric Poitevin représente, dans la longue tradition des natures mortes, le cadavre d'un gibier pendu par les pattes. Derrière l'animal, la forêt est aussi évoquée comme terrain de chasse. Lieu de culte, elle constitue également un refuge pour les hommes, marginaux ou immigrants, un espace hors-la-loi cerné par Bruno Serralongue dans l'enceinte de la "jungle de Calais", protectrice pour les uns, impénétrable pour les autres.

Par-delà les menaces qui pèsent sur nos existences (illustrées par Daniel Schier qui s'appuie sur la tradition de l'Inakalé), la forêt ouvre également au merveilleux des contes et légendes. Aussi, rien d'étonnant à rencontrer une paire de bottes géantes (Lilian Bourgeat), une tête de cerf sur un corps de femme (Nathalie Talec) ou encore Carl Cox, célèbre DJ assoupi sur un talus après une nuit d'ivresse, sculpté en glaise par Dewar & Gicquel.

Ainsi, l'exposition Dans la forêt invite le visiteur à plonger au coeur d'un espace complexe, ouvrant autant de chemins et sentiers à emprunter et découvrir pour s'y perdre et s'y retrouver, rêver, réfléchir.

Commissariat : Claire Jacquet

Pages annexes :

- Dans la forêt, des arbres...
-
Bruno Serralongue, série Calais
- Dans la forêt, contes et légendes

Exposition du 22 janvier au 17 avril 2010. Frac Aquitaine, Hangar G2, Bassin à flot n°1, quai Armand Lalande - 33000 Bordeaux. Tél.: 05 56 24 71 36. Ouverture du lundi au vendredi de 10h à 18h, le samedi de 14h à 18h.

 

Fanny David, Sans titre, 2009. Production Frac Aquitaine

 

Cette sculpture réalisée par Fanny David est un monticule conique de terre aplanie, humifiée et incrustée de paillettes. Sous une forme simple, elle rappelle les "tas" que l'on produit en pratiquant le jardinage ou encore des travaux de voirie. Ici, elle apparaît sous une forme plus sophistiquée, dissimulant son aspect brut et naturel, par un revêtement de paillettes ocre imitant des motifs de broderie.

Réalisé à l'aide d'un pochoir, le motif appliqué (une feuille d'arbre) "n'est ni gratuit, ni accessoire" ; pour l'artiste, "il souligne la simplicité et la netteté de la ligne sur le fond" en conférant à l'ensemble un aspect fragile et délicat. Répété sur une certaine surface, le signe produit une abstraction. Fanny David fait s'entrecroiser deux matériaux (naturel/artificiel, mat/brillant, massif/fragile), en les faisant travailler dans la durée. En effet, cette oeuvre devra être ponctuellement humidifiée afin que son aspect décoratif reste fixé à l'humus. Par ce double effet d'adhésion et d'ornementation, l'artiste donne à cet amoncellement une valeur autre et ouvre au merveilleux en dépassant l'aspect brut d'un "earth work".

 

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