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VIVONS ENSEMBLE

Huang Yong Ping, Tête d'Or, 2004

A l'occasion de la Biennale, Huang Yong Ping réinstalle Tête d'Or, créée pour l'exposition "Le Moine et le Démon" qui s'est tenue au MAC en 2004.

Construite sur le toit du musée et surplombant ainsi le parc de la Tête d'Or de Lyon qui lui fait face, l'oeuvre reprend l'ossature d'un pavillon de la dynastie Song et en emprunte les techniques d'assemblage.

Les feuilles d'or du pavillon font le lien avec une légende urbaine qui veut qu'en 1853, un colon juif ait enterré dans le parc de la Tête d'Or le moulage en or de la tête du Christ. "Un toit ne s'oriente pas forcément vers le haut, tout comme une tête peut parfois pencher vers le bas. [...] Tout peut évoluer, se transformer et se réincarner. Tout comme une tête de Christ disparue peut se transformer en pavillon de l'époque Song. Seule la propriété de l'or ne se détériore ni ne change. Tout comme l'or d'aujourd'hui, l'or chinois, l'or d'hier et l'or français sont identiques..." (Huang Yong Ping)

Huang Yong Ping, Tête d'Or, 2004. Photo : Marika Prévosto

Jompet Kuswidananto, Java's Machine. Phantasmagoria, 2008

Une armée de fantômes défile, tambour battant, sans avancer d'un pouce. Ctte grappe d'automates plus ou moins claudiquants porte l'uniforme de la garde royale du sultanat d'Indonésie disparu en 1945.

Chaussures, jambières, vestes, couvre-chefs, armes et instruments de musique réduits à leur strict minimum sont reliés à un dispositif électronique qui fait jouer les tambours, entraînant dans leur rythme une silhouette projetée sur le mur.

Jompet Kuswidananto, Java's Machine. Phantasmagoria, 2008. Photos : Marika Prévosto

L'installation de Jompet Kuswidananto est-elle une soldatesque mascarade, humoristique ou tragique ? "Unis dans la diversité" : telle est la devis de l'Indonésie, un pays éclaté en une mosaïque culturelle répartie sur des milliers d'archipels. La culture javanaise, dominante dans le pays, hante les oeuvres de Kuswidananto; : au lieu de conserver coûte que coûte leur folklore pour en faire une identité close, les Javanais ont su s'approprier au fil des siècles toutes les cultures constitutives de l'Indonésie, devenant ainsi des créoles dans leur propre pays.

Java's Machine rend visible les relations culturelles qui agitent l'Indonésie et interroge les différentes croyances et valeurs qui se superposent aux événements historiques récents du pays.

 

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