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 UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE 

Pedro Reyes, Palas Por Pistolas, 2007

Pedro Reyes s'intéresse aux préoccupations environnementales et aux interactions sociales dans l'espace public. L'oeuvre qu'il présente à la Biennale est le fruit de longues recherches.

Les pelles de jardin parfaitement alignées qui constituent Des pistolets contre des pelles proviennent des suites d'un programme lancé à l'initiative de l'artiste par le gouvernement mexicain, consistant à "déposer" les armes en circulation illégale pour éradiquer, ou tout au moins limiter leur usage.

L'artiste a ainsi fondu le métal provenant de 1.527 armes pour réaliser autant de pelles qui servent ensuite à planter des arbres partout où l'oeuvre est exposée, grâce au concours de différentes associations.

Pedros Reyes, Des pistolets contre des pelles, 2007. Photos : Parika Prévosto

Sur ce principe, un  arboretum à vocation pédagogique et composé d'une vingtaine d'arbres d'essences différentes sera planté en octobre-novembre à l'hôpital mère-enfant de Lyon. Cette action sera ensuite filmée et montrée à la Biennale et dans tous les lieux où l'oeuvre sera par la suite exposée. Il est possible de participer bénévolement à cette action en s'inscrivant sur le site de la Biennale de Lyon.

Agnès Varda, Les Cabanes d'Agnès, 2006-2009

Agnès Varda est, selon ses propres termes, "vieille cinéaste et jeune plasticiennes." Après avoir passé sa vie à raconter, avec bienveillance, celle des autres, Agnès Varda expose depuis quelques années son oeuvre sous forme d'installations. Elle a conçu ses Cabanes comme de véritables refuges à la fois pour les visiteurs et pour elle-même.

 La Cabane de plage est pensée comme une cabine de pêcheurs dont les toiles sont tendues par des cordages et comme une cabine de projection pour son oeuvre La Mer Méditerranée avec deux r et un n, entre Sète et Adige. La Cabane aux portraits abrite soixante portraits : trente femmes face à trente hommes photographiés à Noirmoutier sur leurs lieux de travail et de vie. La Cabane de cinéma, enfin, est entièrement construite avec des pellicules 35 mm d'un film. "C'est du cinéma puisque la lumière est retenue par des images. C'est une cabane puisqu'on peut s'y abriter en rêvant aux films qui nous ont plu" nous dit Agnès Varda. "On aperçoit même Deneuve et Piccoli en tout petit visages gros plans."

Agnès Varda, La cabane de cinéma, 2009. Photos : Marika Prévosto

Xijing Men, I Love Xijing - The day life of Xijing President, 2009

La ville de Xijing, c'est-à-dire la "Capitale de l'Ouest", n'existe pas encore sur les cartes d'Asie du Sud-Est. Elle est pourtant le pendant géographique de Pékin, qui signifie littéralement "capitale du Nord", de Nanjing, la "Capitale du Sud" et de Tokyo, la "Capitale de l'Est".

Depuis quelques années, les Xijing Men, composés du Coréen Gimhong Sok, du Chinois Chen Shaoxiong et du Japonais a Ozawa Tsuyoshi, incarnent de toutes les manières possibles une micro-nation qui se déplace au gré des expositions - et qui rassemble, faut-il le préciser, trois citoyens de trois nations qui ont longtemps entretenu des rapports radicaux d'hostilité.

Après l'organisation de jeux olympiques en parallèle à ceux de Pékin ou la "découverte" fortuite de faux textes historiques, les Xijing Men "reconstituent " pour la Biennale un appartement-témoin, celui du président du Xijing Land, entouré de sable et de cactus. Un drapeau et des vidéos apportent une touche finale à un projet dont le but est l'intégration de Xijing comme ville à part entière dans le monde virtuel de Google et des plans interactifs.   

  Xijing Men, I Love Xijing - The day life of Xijing President, 2009. Photo : Marika Prévosto  

mounir fatmi, Ghosting, 2009

mounir fatmi refuse toujours de céder à une forme acquise, jusqu'à son nom et son prénom dont il ôte les majuscules. Pour la Biennale, l'artiste crée une oeuvre composée de VHS dévidées sur un mur dont le rythme régulier des pivots de rembobinage blancs est rendu nébuleux par le flux des bandes vidéo qui serpentent jusqu'au sol et envahissent les photocopieurs situés à proximité;

Sur les côtés, des projections vidéo diffusent des calligraphies arabes. Les oeuvres de mounir fatmi confrontent des mondes culturels qui se superposent plus qu'ils ne s'affrontent, sans jamais se rencontrer. La question de la duplication des mémoires, de leur usure, et par conséquent du bégaiement des transmissions culturelles et mentales sont au coeur de cette oeuvre.

Le visiteur est invité à utiliser les photocopieurs, mais que conservent-ils de ce jeu ? Une image vide ? La trace vaine d'un rectangle de papier ? Comment aujourd'hui construit-on une mémoire, comment s'écrit l'histoire ?

Mounir Fatmi, Ghosting, 2009. VHS, bandes magnétiques, 5 photocopieurs. Courtesy de l'artiste, Conrads Galerie Düsseldorf, Lombard-Freid Project, New York. Avec le soutien de Lombard-Freid Project, New York et la participation de Ceprho Toshiba, Lyon. Photo : Blaise Adilon

 

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