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XEME BIENNALE DE LYON : LE SPECTACLE DU QUOTIDIEN

Du 16 septembre 2009 au 3 janvier 2010 

Invitant environ soixante artistes, l'édition 2009 de la Biennale de Lyon se déploie sur quatre lieux :

Le mot de Thierry Raspail, directeur artistique de la Biennale de Lyon

L'everyday's life, en art est né dans les années 50, avec le Silence de John Cage, entre côte Est et côte Ouest, avec G. Brecht, A. Kaprow, avec A. Halprin, R. Rauschenberg et la Judson Dance, avec T. Riley et la Monte aussi, et Maciunas. C'était il y a longtemps.

Le spectacle, en Occident, est né avec les grecs et la tragédie ; la Renaissance en a fait une perspective et les Situs une idéologie. C'était il y a longtemps.
Spectacle et Quotidien rythment la vie civile depuis toujours, mais sont aujourd'hui les enjeux majeurs d'une pratique artistique globalisée, dans laquelle s'échangent, s'affrontent, se contredisent et se retournent les signifiants.
Le succès fulgurant des biennales dans les années 90, et leur imprégnation à l'échelle de la planète, ont paradoxalement contribué à l'aplanissement des particularismes, des isthmes et des archipels (E. Glissant), à l'érosion des procès de filiation et de transmission. Aujourd'hui, en deçà des échanges marchands, des enjeux esthétiques, des syndromes d'universalité et de relativisme, des problématiques de centre et de périphérie, des conflits d'ères culturelles et des rapports de force en tout genre (gender), la question du quotidien ("l'art et la vie") reste centrale. Le Spectacle en est son extension économique, son retour et sa crainte? Et d'une certaine manière son incarnation.

Par conséquent, aujourd'hui (today's life), quel enjeu et récit (Paul Ricoeur) construire sinon le spectacle du quotidien ? C'est le titre de la Xe biennale de Lyon.

Eulàlia Vallderosa, El periodo (The Period), 2006. Installation participative, lumière, verres de vin, poussette. Courtesy de l'artiste et Galeria Joan Prats, Barcelone

Le spectacle du quotidien, par Hou Hanru, commissaire de la Biennale de Lyon 2009

"Non seulement possible mais aussi nécessaire, l'optimisme à l'âge de la guerre globale."

Après 20 ans d'existence et de croissance, la Biennale de Lyon doit faire face à un nouveau challenge afin de se réinventer. En explorant et en présentant la nouvelle tendance de la scène artistiques globale, où tous s'efforcent ensemble de réinventer l'ordinaire pour en faire quelque chose de spectaculaire et d'unique, ou encore de produire une nouvelle multitude d'expressions de la diversité, de la complexité et de l'interactivité, la Biennale trouvera certainement une nouvelle jeunesse. Et c'est là la meilleure recette pour affronter la crise dans laquelle le monde entier est aujourd'hui plongé...

Le spectacle du quotidien change fondamentalement à la fois le spectacle et le quotidien !

Présentée dans plusieurs sites de la ville de Lyon et de sa banlieue, la Biennale, qui regroupe les oeuvres d'une soixantaine d'artistes venus des quatre coins du monde, sera structurée comme un système multidimensionnel qui reflétera tant intellectuellement que physiquement le dynamisme et la complexité du thème mis en avant cette année : le spectacle du quotidien. La Biennale comprendra cinq paliers :

1- La magie des choses ou la réinvention du quotidien

Cette section s'intéresse plus particulièrement aux artistes qui transmuent "magiquement" les objets, situations et environnements du quotidien en nouvelles visions esthétiques ou en formes inédites chargées de sens novateur. Ces visions et significations inédites procèdent à leur tour à différentes interprétations des événements de l'existence selon un point de vue personnel, social, historique et même politique.

Mounir Fatmi, Ghosting, 2009. VHS, bandes magnétiques, 5 photocopieurs. Courtesy de l'artiste, Conrads Galerie Düsseldorf, Lombard-Freid Project, New York. Avec le soutien de Lombard-Freid Project, New York et la participation de Ceprho Toshiba, Lyon. Photo : Blaise Adilon

Sarah Sze, Just Now Dangled Still, 2008. Photo : Adatabase. Courtsey Sarah Sze

 

Takahiro Iwasaki, Reflection Model, 2001.Photo : Nozomi Tomoeda

2- Eloge de la dérive

Inspirée par la pratique situationniste de la dérive, et s'intéressant aux mutations urbaines contemporaines (en tant que processus de formation de nouveaux cadres spatiaux dominé par la mondialisation en cours), les artistes de différentes régions du monde investissent, interrogent et interviennent, selon diverses modalités et stratégies, sur les espaces urbains, en particulier les rues, afin de résister à l'ordre et aux contraintes spatiales dominantes et de revendiquer de nouvelles libertés d'action. Cette démarche ouvre la voie à des collaborations transdisciplinaires.

Adel Abdessemed, Jump and jolt, 2007. Impression jet d'encre, 47 x 62,9 cm. Courtesy de l'artiste et David Zwirner, New York

Bani Abidi, Karachi, 2009. 6 photographies duratrans. Courtesy de l'artiste. Photo : Blaise Adilon

Rigo 23, Peintures murales, 2009. Photos : Marika Prévosto

3- Un autre monde est possible

A l'époque de la mondialisation et des problèmes affectant les systèmes économiques et géopolitiques mondiaux, il est d'une importance cruciale d'explorer et d'encourager les initiatives et actions différentes, indépendantes et alternatives qui réexaminent de façon critique la réalité et imaginent de nouveaux ordres et systèmes sociaux pour une vie et un monde meilleurs. Depuis une décennie, un nombre considérable d'artistes et d'activistes sociaux du monde entier expriment de façon aussi énergique que critique leur engagement à relever ce grand défi. Cette partie de l'exposition entend présenter quelques projets exemplaires qui traduisent cet engagement, tant individuellement que collectivement, de façon subversive autant que ludique.

De gauche à droite :

Un Nous,  Espaces Un Nous, 2009. Courtesy Un Nous. Avec le soutien d'Agnès B et la participation des écoles d'architecture de Grenoble, Lyon, Saint-Etienne, Versailles et du collège Jean Vilar de Villeurbanne. Photo : Blaise Adilon

Pedro Cabrita Reis, Le bureau, 2009. Néons, peinture murale acrylique, câbles électriques. Courtesy de l'artiste. Avec la collaboration de Haulotte France. Photo : Blaise Adilon

 Katerina Seda, Over and over, 2008-2009. Installation. Photo : Werner Linster. Courtesy de l'artiste et Franco Soffiantino Gallery, Italie

4- Vivons ensemble

Installée principalement au Musée d'art contemporain, cette section veut transformer le musée en un forum ouvert de dialogue et d'échange avec la ville et les communautés, qu'elles soient locales ou plus lointaines. Simultanément, un certain nombre de pièces provenant de la collection du misée (ou ayant été exposées au musée) qui fonctionnaient déjà dans cette direction seront à nouveau présentées afin de mettre en avant la mémoire du site en tant qu'expérience vivante. La tension entre ouverture vers la réalité et mémoire du site devrait générer un programme permanent et en extension constante de différents événements - musique, danse, happenings, débats, conférences, etc.

Barry McGee, Advanced Nature Work, 2007. Vue d'installation, REDCAT, Los Angeles, 14/09-25/11/2007. Courtesy REDCAT, Los Angeles et Deitch Projects, New York

De gauche à droite :

Yong Ping Huang, Golden Head, 2004. Bois et pagode recouverte de feuilles d'or. Courtesy Guy & Myriam Ullens Foundation, Suisse. Photo : Blaise Adilon

Ceren Oykut, Tsunami, 2009. Peinture murale. Avec le soutien de la Saison de la Turquie en France (juillet 2009-mars 2010). Photo : Blaise Adilon

Société Réaliste, Eu Green Card Lottery, the lagos file, 2006-2009. Structure bois, papier peint et vinyle adhésif. Courtesy Société Réaliste

Wong Hoy Cheong, Minaret, 2005. Echafaudages métalliques, bambou, éclairages, 36,5 m. Courtesy Museum Guangdong of Modern Art

La somme de ces propositions permet à l'évidence d'apprendre beaucoup sur notre monde, et de découvrir des initiatives très porteuses, dans et en dehors de la scène artistique.

A côté des pages consacrées à chacun des volets de l'exposition à travers quelques exemples, une page spéciale est consacrée à l'installation de Pedro Cabrita reis, Les Dormeurs, à l'Entrepôt Bichat dont l'artiste a réussi à s'approprier très diversement et précisément tous les espaces, leur configuration architecturale et leur mémoire.

 

5- Veduta

En lien étroit avec la section "Vivons ensemble", plusieurs artistes seront invités à résider dans certains quartiers périphériques à forte population immigrée connus pour avoir été les témoins d'événement historiques tels que le Mouvement des Beurs, les meetings antiracistes, etc. Les artistes collaboreront avec la population locale et produiront des oeuvres qui seront exposées à la fois sur les sites de résidence et dans les lieux de la biennale, notamment au musée.

Résonance - Présentation

De septembre à décembre 2009, 90 centres d'art, galeries privées, institutions culturelles et collectifs d'artistes s'associent à la Biennale de Lyon. Conçue à l'échelle de la région Rhône-Alpes, Résonance incarne la dynamique d'une scène délibérément engagée dans l'actualité artistique à la fois locale et internationale. Si la coordination de Résonance revient à la direction artistique de la Biennale qui en a labellisé les contours, chacun des projets - oeuvres, installations, performances et spectacles programmés - sont à l'initiative des lieux qui, à travers leurs propres programmations, uniques et identifiables, en dessinent l'ensemble et composent une véritable mosaïque d'initiatives artistiques.

Résonance est pour l'essentiel l'occasion de donner naissance à de nouveaux projets et contribue en cela à mettre en lumière le travail de fond poursuivi et réalisé tout au long de l'année par chacun des participants.

Voir la page consacrée à Populaire Populaire, exposition à Saint-Fons (69190).

Voir aussi informations sur les nouvelles propositions de Vincent Roumagnac

Le site de la Biennale de Lyon : www.biennaledelyon.com

 

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