
ART CONTEMPORAIN A CHAUMONT-SUR-LOIRE
Le domaine de Chaumont-sur-Loire, depuis peu établissement public, accueille depuis l'an dernier, en parallèle au festival international de jardins qui accepte actuellement beaucoup plus de dossiers de paysagistes que d'artistes plasticiens, des installations et expositions d'artistes, entre installations en intérieur et extérieur et expositions photographiques. Celles-ci demeurent, malgré la qualité et l'originalité des prises de vue, dans le registre du documentaire poétique et/ou sociologique, hormis d'évidence l'exposition de Nils-Udo - associée à son installation dans le parc du Domaine - puisque les photographies enregistrent les installations concrètes éphémères de l'artiste. Il est néanmoins possible d'en débattre autour du travail de Luzia Simons.
Les installations peuvent être soit pérennes soit éphémères. Leur apparition/disparition/évolution modifiera le paysage du parc du domaine chaque année, et certaines - entre deux - seront retirées lorsqu'elles auront subi les aléas du temps, comme celles, par exemple, de Rainer Gross, avec son assentiment dans la logique de son travail.

Nils-Udo, artiste majeur de notre temps, qui a introduit la nature au centre de la scène artistique et François Méchain, connu pour ses subtiles architectures végétales, présentent des installations inédites dans le parc et les écuries, interrogations poétiques fortes sur les menaces pesant sur notre environnement naturel. Dimitri Xenakis et Maro Avrabou ont, quant à eux, conçu pour le parc une série de tableaux encadrés et transparents.
Erik Samakh, avec ses flûtes et lucioles accrochées dans de nombreux arbres installées auparavant dans le parc, poursuit en 2009 son dialogue avec le paysage local à travers son travail sur les sons de la Loire - dont il aura enregistré et appréhendé les mystères - audible dans les écuries du domaine.

Flûtes et lucioles d'Erik Samakh débusquées dans le parc
Le long d'un chemin un peu excentré dans le parc, d'immenses photographies de Deidi von Schaewen accrochées sur des arbres nous guident à la découverte des arbres sacrés hindous.
Directement dans les galeries du château, sont à découvrir ou re-découvrir de nombreuses photographies de Nils-Udo, ainsi que dans les écuries celles de Jacqueline Salmon. Dans le nouvel espace de la "Grange aux Abeilles sont exposés les "Scanogrammes" de Luzia Simons et dans l'Asinerie, les photographies de Jean-Louis Elzeard.
© Jean-Louis Elzeard
Jean-Louis Elzéard présente à Chaumont sur Loire une autre exposition du 6 mai au 31 août 2009, intitulée Reconnaissance de la rivière.

Dans la galerie du Fenil, Daniel Walravens présente "Du vert au vert", variation rigoureuse d'une cinquantaine de tableaux explorant cette thématique.
Sans oublier la résidence programmée jusqu'en 2011 avec l'artiste Jannis Kounellis, figure majeure de l'Arte Povera, dans le cadre d'une commande exceptionnelle de la Région Centre, et dont nous avons pu observer l'évolution à travers certaines pièces souterraines du château de Chaumont-sur-Loire.
RODNEY GRAHAM
FRANCOIS MECHAIN, L'ARBRE AUX ECHELLES ET L'ARBRE AUX COUTEAUX
NILS-UDO, GULLIVER'S FOREST
DIMITRI XENAKIS ET MARO AVRABOU, PITTORESQUE
RESIDENCE SUR TROIS ANS DE JANNIS KOUNELLIS
Oeuvres installées en 2008 et toujours à découvrir dans le Domaine


Les deux oeuvres du diptyque Toit / Toi installé par Rainer Gross, début juillet 2008. La position inversée ou couchée des oeuvres marque la conscience qui est la sienne de la force et de la fragilité des oeuvres de l'homme face au temps et aux aléas de l'histoire.

Le travail de Michel Séméniako se construit autour de deux thèmes: celui du tissu social et celui de la nuit. Le photographe, privilégiant des temps d'exposition très longs, intervient à l'aide de faisceaux lumineux pour éclairer et révéler les détails cachés du lieu qu'il explore. Dans une vallée du Piémont, loin de l'excès lumineux des villes et malgré les défoliants qui attaquent la chaîne alimentaire des lucioles, Michel Séméniako a rencontré l'amour. Des centaines de petits points lumineux qu'il s'est appliqué à photographier avec des temps de pose longs, avant d'éclairer à volonté ces buissons de broussailles où vont se reproduire les mouches à feu. Signaux d'appels antérieurs à l'acte, ces clignotements langoureux enchantent brillamment le paysage d'une poésie éphémère et magnifient l'écriture de ces nouveaux fragments d'un discours amoureux.

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